contre le « gâchis foncier"
Les Jeunes agriculteurs
ont manifesté
contre le « gâchis foncier »
mercredi 17.11.2010, La Voix du Nord
Agriculteurs et tracteurs ont égayé
hier matin les abords de L'Usine
Côte d'Opale.
Hier matin, on a labouré et semé devant le centre commercial L'Usine Côte d'Opale (ex-Marques Avenues). ... Une dizaine d'agriculteurs s'y étaient donné rendez-vous, à l'initiative du syndicat des Jeunes agriculteurs du Nord - Pas-de-Calais. Il faut parler d'un rassemblement, d'une protestation, plus que d'une manifestation. Ni les automobilistes, ni les consommateurs n'ont été gênés par le mouvement : « Il s'agit d'un acte symbolique, dit Jean-Edouard Marlard, responsable des Jeunes agriculteurs dans le Calaisis. Nous voulons juste attirer l'attention des médias sur le gâchis de foncier que l'on observe depuis très longtemps sur notre territoire. » Gâchis de foncier ? « Les collectivités locales, villes ou communautés de communes, exproprient les agriculteurs pour créer des zones d'activités, explique Jean-Edouard Marlard. Le problème, c'est que très peu de ces zones sont remplies. Et souvent, elles en créent une nouvelle avant d'avoir rempli la précédente... » Même si, le plus souvent, les agriculteurs ne sont pas spoliés au bout du compte (lire ci-dessous), de nombreux hectares sont artificialisés pour rien, ou presque.
Cohérence
Ainsi, Karel Lesaffre, responsable régional des Jeunes agriculteurs, estime à environ 3 000 hectares la surface des terres artificialisées par an, dans la région. « Évidemment, nous n'avons rien contre la création d'emplois, sourit Karel Lesaffre. Ce que nous réclamons, en revanche, c'est un minimum de cohérence et de concertation ! De cohérence, parce quand on voit, par exemple à Bruay, une zone avec dix magasins et dix parkings, toujours vides, on mesure l'ampleur du gâchis. De concertation, ensuite, car nous regrettons de n'être jamais, ou presque jamais, associés aux projets. Nous n'intervenons qu'une fois le dossier ficelé, quand on nous demande de quitter la terre. »
Jean-Edouard Marlard estime que sur les 3 000 hectares artificialisés tous les ans dans la région, 40 % restent en friche un certain temps. À l'image de ce vaste champ entre autoroute et centre commercial, sur lequel les agriculteurs ont choisi de manifester hier.
Sur la ZAC Eurotunnel, il est en friche depuis plus de vingt ans.
BRUNO MALLET
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